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Fév 2018

Henri

 

Henri – Volontariat moyen terme en Belgique

Fils d’un électricien auto et d’une institutrice de cours primaire, j’ai connu une enfance très encadrée. J’ai fait mes études primaires et secondaires à l’école où enseignait ma mère. Je passais toutes mes vacances dans l’atelier de mon père où le respect, l’autorité et la rigueur étaient très vite perceptibles. Je n’avais jamais rêvé voyager. Dans mon esprit, le principe était clair, les vacances sont faites pour aider les parents.

Entré à l’université après mon BAC en 2007, je décidais de rendre utile mon temps libre autrement. J’ai donc adhéré grâce à un ami à l’AIESEC (une association estudiantine très dynamique). Ce nouvel engagement m’a non seulement donné le sens du leadership mais aussi celui du bénévolat et le plaisir de voyager pour mieux connaitre et servir les autres.

J’ai franchi pour la première fois les frontières togolaises pour un séminaire AIESEC au Benin à 22 ans. L’AIESEC organisait malheureusement la grande partie de ses projets pendant les périodes de cours. Ceci agissait un peu sur mes résultats. Il fallait donc trouver une autre organisation qui fait des projets pendant l’été, pour que je puisse concilier facilement ma vie associative et mes études.  Mes recherches m’ont permis de connaitre et d’adhérer ASTOVOT en 2010. Depuis ce temps, je prends du plaisir en mettant ma valise au dos presque tous les étés vers de nouvelles aventures de camp chantier dans les villages de Kloto.  C’est ainsi que j’ai participé à de nombreux camps chantiers, d’abord comme participant, puis animateur. Grâce à mon engagement au sein de l’ASTOVOT, j’aurai le privilège de vivre l’expérience d’une mission de trois mois à Bruxelles l’été 2017 avec JAVVA.

Tout à commencer par un appel à candidature pour une mission en Belgique lancé sur la plateforme de la coordination de l’ASTOVOT. J’avoue que le descriptif de la mission m’a beaucoup séduit et je fus saisi d’une grande envie de la réaliser. L’activité phare du projet était l’animation des camps chantiers, une charge que j’aime bien et qui me permet à chaque occasion de me redécouvrir et d’apprendre. L’organisation hôte se trouve en Belgique, le seul pays européen où j’ai plus d’amis. Enfin, la mission se déroulera de juillet en octobre, une période favorable à mon agenda. Je n’avais pas hésité à poser ma candidature.

La sélection s’est vite faite au niveau des partenaires. Les documents de voyage nécessaires en main, j’ai quitté Lomé le dimanche 23 juillet avec une tête remplie de questions : vais-je atterrir à l’aéroport Zaventem saint et sauve ? Le climat en Belgique sera-t-il favorable ? Y aura-t-il des volontaires de JAVVA à l’aéroport pour m’accueillir ? Pourrai-je satisfaire les attentes du projet ?… J’avais été très bien accueilli à l’aéroport par une délégation d’amis : Laurence, Enoch, Eloïse ainsi qu’Amadeus. Une fête était organisée par le staff de JAVVA avec quelques volontaires et amis pour mon intégration les premiers jours.

Ma plus grosse surprise était le bureau que j’ai occupé les deux premières semaines avant de partir pour mon premier chantier.  En effet, Son, le coordinateur était en congés et ses collègues m’ont offert son bureau jusqu’à son retour. C’est beaucoup d’égards pour ma modeste personne. C’est des traitements rares chez moi et donc je me suis senti très honoré.

J’ai au cours de ces trois mois, travaillé sur les chantiers de JAVVA et quelques fois au bureau de l’association. J’ai fait un premier chantier de rénovation au centre JALNA, une réserve naturelle appartenant à la Ligue Belge de Protection des oiseaux. A ce centre, très bien entretenu par Jean Claude, j’ai bien compris comment la Belgique protège ses oiseaux. Par la suite, j’ai été appuyé durant trois jours, les volontaires de JAVVA au Parc Royal de Bruxelles, pour le chantier de théâtre nomade avec la Compagnie des Nouveaux Disparus. Là, les arbres sont très chers. On devait leur accorder une attention toute particulière en montant les tentes. Après le parc, c’est le centre Arthur Regnier, un centre bien équipé qui accueille les handicapés moteurs et mentaux. Une fois encore, j’ai été surpris des investissements faits pour héberger, nourrir et soigner les personnes handicapées. Au Togo, ces centres sont rares et moins équipés. Enfin, un dernier projet à Tournai au centre d’accueil pour demandeurs d’asile de la croix rouge belge. C’était pour moi encore une grande découverte de la vie dans un centre de demandeurs d’asile.

Cette expérience de volontariat en Belgique m’a beaucoup apporté. Bien que ce soit court comme séjour, j’ai vécu la culture européenne. Je comprendrai plus facilement les critiques, questions, réactions des blancs lorsqu’ils viennent ici en Afrique. Je peux mieux parler d’eux à mes frères volontaires lors des formations pour participer aux projets Nord-Sud que nous organisons ici. Je connaissais théoriquement la gestion horizontale. Je crois l’avoir aussi vécu à JAVVA. J’ai également connu de nouveaux outils pédagogiques sur la migration et le commerce international lors des animations avec Amandine. Ils me serviront tôt ou tard à ASTOVOT ou ailleurs.

Je n’ai pas connu de difficultés majeures. Aux chantiers ou au bureau, en anglais ou en français, les débats se font avec des expressions rapides. J’ai eu à rencontrer pas mal d’expressions que je ne connaissais même pas.  Un peu timide au début, je mettais mon attention à la compréhension et faisais un peu d’effort pour prendre la parole. J’avais juste besoin de plus de temps pour m’adapter à tout. Un spécial merci à tout le staff pour les partages et cadeaux me permettant de connaitre la Belgique et le volontariat au niveau international.