Un témoignage sur le choc culturel dretour et quelques astuces pour le surmonter 

« Mon retour fut un mélange d’émotions, à la fois contente et reconnaissante d’avoir pu vivre tout ça, de repartir la tête pleine de beaux souvenirs, à la fois triste de réaliser que c’est aussi la fin d’une belle expérience » – Céline, CES (1) en France. 

 Lorsque les individus entrent en contact avec une culture étrangère pendant une période prolongée, comme dans le cas d’un parcours de migration ou d’un programme de volontariat à l’étranger par exemple, il peut se produire un choc culturel. C’est uphénomène qui « survient à cause de l’anxiété provoquée par la perte de toutes nos références et de tous nos symboles familiers dans l’interaction sociale » (K. Oberg)notamment les valeursles croyances, l’usage de certains motsgestesexpressions facialesnormes et coutumes que les individus apprennent au sein de leurs cultures 

En effet, les spécialistes des sciences sociales décrivent 5 phases de l’adaptation culturelle :  

  • La lune de miel, une excitation positive suscitée par le nouvel environnement ; 
  • Lchoc culturel, causé par la surprise, où la majorité des expériences vécues dans le nouvel environnement sont perçues négativement ; 
  • L’acculturation, c’est-à-dire le processus d’apprentissage des éléments qui permettent l’adaptation au sein d’un nouveau contexte culturel ;  
  • L’intégration, qui est l’aboutissement du processus d’adoption d’une nouvelle culture ;  
  • Et enfin le choc culturel inverséaussi appelé contre-choc culturelqui concerne les difficultés du retour. 

Courbe de l’adaptation culturelle

Deux volontaires Belges qui ont réalisé un Corps Européen de Solidarité (CES) à l’étranger avec JAVVA nous racontent leur choc culturel inversé, comment elles se sentent après le retour en Belgique et quelles sont les difficultés qu’elles ont rencontrées. 

« […] Il y a des choses qui ont changé en moi et j’ai évolué. J’ai vu d’autres cultures avec d’autres règles et façons de fonctionner et ça a remis en question toutes les règles de culture belge. Je suis devenue moins dépendante de mes proches et de leur avis, et j’ai pu construire ma propre opinion sur le monde. Ce qui est compliqué c’est que je remets encore beaucoup de chose en question et du coup aussi mon éducation… je n’ai plus la même vue sur tout ce que j’ai appris et j’ai souvent l’impression qu’on ne me comprend pas quand je parle de mes idéauxrêves. C’est compliqué de trouver un équilibre entre la prise de conscience, l’envie d’action et ce qu’on était auparavant. C’est compliqué de trouver un nouveau rythme aussi » – Amélie, CES en Pologne. 

« Là-bas tout était différent, j’étais comme dans un monde à part, ce que j’ai découvert était en tout point différent de ma vie d’ici […]. Me retrouver là-bas était un moyen pour moi de découvrir d’autres façons de vivre, de penser, et c’était beau de voir les différences qu’on pouvait avoir, et le partage que ça entraînait, car nos différences ne sont pas censées nous diviser, au contraire on a tous, chacun, tellement à apporter aux uns et aux autres ! » – Céline, CES en France.   

En effet, le choc culturel inversé concerne l’appréhension du retour dans le pays d’origine, la peur de la solitudeles incompréhensions avec nos prochesles difficultés à se réintégrer dans sa propre culture car les valeurs et les modes de communication ont changé pendant le séjour à l’étranger. Il faut retrouver les repères qui avaient été perdus afin de s’intégrer dans la nouvelle culture, retrouver une fluidité d’expression dans la langue maternelleOn se sent partagé·e entre deux cultures, on se demande laquelle on préfèreEnfinaprès quelque temps, on aura intégré les apports de notre période à l’étranger et on pourra faire la distinction entre les points positifs et négatifs de notre expérienceles bons et les mauvais aspects de la culture d’accueil et de la culture natale, et on sera enfin réintégré·e”­. 

Comment surmonter ce choc culturel inversé  

Une piste de solution est d’intégrer dans son nouveau quotidien des éléments de sa vie à l’étranger afin de conserver un lien avec son ancienne région d’accueil.  Par exemple : décorer l’espace avec des photos de notre voyage ou réaliser des albums photos, regarder des films en langue étrangère ou qui se déroulent dans le précédent pays d’accueil ou encore préparer des recettes typiques du pays d’accueil. Une autre idée dont on entend souvent parler dans les témoignages du retour est d’en parler avec des gens qui ont vécu la même expérience et peuvent donc nous comprendre et nous soutenir. JAVVA propose notamment aux jeunes qui reviennent de se réunir via le groupe Mentor (groupe de personnes références qui aident les volontaires internationaux à trouver leur place au sein de la culture belge). Il est évidemment très important aussi de s’écouterd’accepter d’être un peu perdu·e et surtout de se laisser le temps de se retrouver. Finalement, entamer de nouveaux projets, se fixer de nouveau objectif peut aider à avancer et retrouver une place qui nous convient. 

Il ne faut jamais oublier que redécouvrir son pays d’origine amène aussi à redécouvrir soi-même, et pour y arriver il faut toujours être patient 

 

(1) Corps Européen de Solidarité (CES): programme de volontariat européen